ART: BALLO FATOUMATA BAGAYOGO UNE DES VIEILLES POTIERES A DIGANIBOUGOU

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Entreprenante, pragmatique, Ballo Fatoumata Bagayogo est l’une des vielles potières à Diganibougou, un village situé à 15km de Ségou. Du haut de ses soixantaines Fatoumata Bagayogo, ou Noumou Fatoumata pour les intimes, évolue dans le métier de la poterie  il y a de cela plus de deux décennies.

Epouse, mère et grand-mère d’une famille de forgeron, Fatoumata a appris ce métier dès le bas âge avec ses parents. De nos jours, elle est capable de fabriquer plusieurs objets avec de l’argile. A savoir, le canari pour l’eau potable, le canari pour les médicaments traditionnels, l’encensoir, la passoire ou ‘’gniti’’ en bambara, le pot de fleur, la petite poêle pour faire la galette de mil ou du riz, les jouets pour enfants, les animaux, pour ne citer que ces objets.

L’épouse de Oumar Ballo, nous explique comment elle fabrique un canari : ‘’Après avoir allé chercher de l’argile à quelques kilomètres en charrue, je commence par le mélanger avec de l’eau et autres produits. La pâte obtenue est conservée au repos pendant quelques heures. Ensuite, je commence la fabrication de mon objet étape par étape, modelage, montage, lisage, séchage, cuisson ou brûlure…’’

Toute seule, sans aucun équipement technique c’est-à-dire de façon manuelle, la diligente fatoumata peut fabriquer 6 à 7 canaris par jour. Cependant, sans aucun soutien financier et technique, les objets de Fatoumata Bagayogo sont fabriqués dans le vestibule de la famille Ballo.

Elle a des vœux : ‘’pour plus de professionnalisme, je souhaite avoir un financement matériel dans le but de quitter le manuel. Aussi, j’aimerai bien avoir un endroit propice pour pouvoir exercer mon métier à tout moment de l’année. Car, présentement, je brûle mes œuvres en plein air d’un champ. Toute chose qui n’est pas possible durant la saison pluvieuse.’’  

Son époux Oumar ajoute : ‘’je sollicite un apport technique et/ou financier d’une personne de bonne volonté ou d’une ONG pour que ma femme quitte le manuel au machinisme. Fatoumata est une brave dame engagée dans ce qu’elle fait mais elle travaille dans de conditions difficiles. Dans l’avenir que je souhaite qu’elle en tire le plus grand bénéfice de ce métier dans le professionnalisme.     

Il faut savoir que les travaux de ‘’Noumou mousso’’ ne sont effectués que durant la saison sèche. Car présentement la finition de ses œuvres se fait dans un espace cultivable, dans le champ de son mari. Cette finition consiste à brûler les objets. Il n’est pas possible de mettre du feu à cette pièce pendant la saison des pluies.

Selon la vielle fatoumata, la plus grande difficulté de ce métier est le moment de la finition. ‘’Je peux brûler 200 à 300 objets en même temps. Mais une fois que je mets le feu à la tige sèche du riz, consistant à brûler les œuvres pour la dernière étape de la fabrication, si un vent violent souffle cela peut interrompre la procédure. Je ne peux rien y faire. Mes œuvres sont détériorés.’’

Le temps de la brûlure varie entre 4 et 5 heures. Malgré son âge avancé, Fatoumata exerce toute seule son métier. De la recherche de la terre cuite, à la recherche de la tige du riz, au mixage des produits et la fabrication de ses œuvres. Dans l’avenir, elle envisage d’initier ses petits-enfants au métier. Par ailleurs, il faut savoir que les prix des objets de l’épouse Ballo varient entre 300FCFA et 3000FCFA. Ils sont fabriqués très souvent sous commande. Les œuvres de Fatoumata sont fabriquées et vendues à la maison.

Bintou Danioko

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