CENTRE DU MALI : LES DOZONS POUR RENDRE LEUR JUSTICE QUI S’IMPOSE A TOUS

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Au lendemain de notre article sur la milice AMBA SAGOU,  l’influence de la confrérie Dozon a attiré notre attention. Les chasseurs traditionnels font la pluie et le beau temps dans plusieurs localités de la 5ème région et certaines parties de la 4ème région.

Au cœur de la vie sociale à Mopti, les dozons restent des acteurs incontournables. Interlocuteurs naturels des autorités administratives et politiques, ils se sont retrouvés par la force des choses à sous-traiter la sécurité des personnes et leurs biens. Seulement, voilà que cette absence de l’Etat a ouvert la brèche laissant à cette confrérie le soin de dicter sa loi comme bon la semble.

Avec pratiquement l’inexistence de l’administration publique sur la majeure partie du territoire, les populations vivant dans les zones sous contrôle des dozons, sont obligés de se soumettre au diktat de ces milices communautaires. Cette confusion ambiante est exploitée à satiété au Centre du pays, donnant ainsi naissance à un nouvel ordre judiciaire. Dans plusieurs localités du centre, où ont été vécus des drames : Koulogo ou Ogossagou entre autres, aujourd’hui ce sont les dozons qui règnent en roi. Les chasseurs traditionnels se sont substitués au 3ème  pouvoir dans assez de localités allant de Bandiagara à Koro à dans la région de Mopti, et de Macina à Niono dans la région de Ségou.

On a d’ailleurs deux tendances à ce sujet. Celle de ceux qui passent leur temps à rançonner les pauvres populations. A la moindre grogne ou refus, ils n’hésitent pas à exécuter les contrevenants. Tandis que l’autre variété de justiciers est celle qui instaure les lois administratives et judiciaires comme bon lui semble. Sauf que les règlements de compte sont légions et n’ont rien à envier au joug islamique d’alors du MUJAO.

Aucune question locale n’est occultée : conflits familiaux, adultère, clashs tribaux ou litiges fonciers, tous passent à la loupe. Cela, en lieu et place de la chaîne judiciaire étatique. Les sentences qui en découlent ne font pas généralement, l’unanimité car des abus sont omniprésents.

Mais pour tout citoyen voulant avoir la quiétude sociale et ne pas être dans le collimateur de la mythique confrérie, il faut accepter les décisions finales prises lors des procès improvisés. Mieux vaut vivre ainsi que de subir la foudre des persécuteurs qui sont loin de baisser les armes.

Dans la 5ème  région, la zone ou le phénomène est plus visible reste le pays dogon. On comprend donc la défiance du « Général » Youssouf Toloba, qui est prêt à tout sauf à désarmer immédiatement. Ses sorties vidéo l’attestent à longueur de temps.

Alors à quand le retour de l’Etat, pour assurer la quiétude et le bonheur des paisibles populations  de ces localités ?

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