SPORT : Il était une fois Mamadou Keïta dit Capi

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Né le 20 Octobre 1947 à Bamako,l’homme était connu pour sa persévérance dans tout ce qu’il faisait. Très jeune, il s’essaya au poste d’avant centre. Pour la petite histoire sa vedette préférée au football, était un certain Siré Diallo, le maître à jouer de l’époque du Stade Malien de Bamako. Il quittait son Missira natal pour transporter les crampons de son idole Siré quand ce dernier partait pour les entraînements. Pour cause de blessure au genou, le jeune Mamadou Keita, Ba pour la famille, s’est vite converti en gardien de but, défi que beaucoup pensait impossible pour lui de relever. Et pourtant, le pari, il le gagnera grâce à son courage et son abnégation. Découvrez davantage l’homme à travers ces quelques lignes de notre confrère,Mohamed Soumaré

Mamadou Keïta débute sa carrière de footballeur au début des années 60 au Stade malien de Bamako. Le jeune lycéen de l’époque, aide le secrétariat général du club, dans l’établissement des licences des joueurs. Celui qui lui vaut le surnom de « Capi », diminutif de capitaine que lui donnent ses coéquipiers. Haut comme trois pommes (1m65), il fournit d’énormes efforts pour s’imposer au poste de gardien de but. Il est aidé dans sa tâche par ses entraîneurs, les regrettés Ben Oumar Sy et Cheick oumar Diallo et son aîné feu Yacouba Samabaly. Vers la fin des années 60, il est lancé dans le grand bain avec certains de ses coéquipiers « du jardin d’enfants de Ban Oumar Sy » (centre de formation du stade Malien). Grâce à ses qualités, il est sélectionné par le coach hongrois Georges Toth (ancien gardien de but). En 1971, il participe avec le Stade Malien à la coupe d’Afrique des clubs champions. Au second tour, face à l’ASEC D’Abidjan au stade Houphouet Boigny, il donne du fil à retordre à Eustache Manglé et ses partenaires, à tel point que ce dernier le pousse dans les filets pour marquer le second but. Quelques mois plus tard,il est des artisans de la qualification des aigles à Yaoundé 72, en s’illustrant de fort belle manière lors de la double confrontation contre la Guinée. A la CAN, il gagne ses galons de titulaire à partir du second match et permet au Mali d’atteindre la finale, grâce à ses arrêts en demi-finale contre les attaquants Zaïrois Kakoko, N’Daye, Kidumu…Malheureusement, le 05 Mars 1972, il ne peut empêcher la défaite du Mali 2-3,face au Congo Brazzaville. En 1973, les stadistes s’arrêtent une nouvelle fois au niveau des quarts de finale, avec une défaite (0-3) à Bamako face au Vita Club. Ce jour, le coach du Vita Kalambay affirma ceci « les maliens ont un très bon gardien de but, une bonne défense et une bonne attaque, ils ont pêché au milieu de terrain ». Au retour, les stadistes arrivent à l’aéroport N’Djili de Kinshasa, une heure avant le début du coup d’envoi. Malgré le but matinal de feu Moussa Traoré Gigla, le Stade s’incline 4-1. La presse zaïroise prend deux joueurs en sympathie, Gigla et Capi. En 1974, il raccroche les crampons et s’envole pour l’Allemagne pour achever sa formation d’entraîneur qu’il avait entamé avec le coach allemand des aigles Karl Heinz Weigang. Deux années plus tard, nanti de son diplôme de l’académie des sports de Cologne, il est nommé entraîneur assistant du Fortuna de Cologne et du Borussia Dortmud. En 1976, il revient au pays avec le plus haut degré de l’entraîneur allemand. Malheureusement pour Capi, à cette époque au Mali, une atmosphère lourde règne autour du football malien. Il « s’exile » en Côte d’Ivoire et pose son baluchon à Bouaké. Pendant deux ans, il drive le Gonfreville AC de Bouaké où évoluait des joueurs comme Ebo Mens, Ouattara Lanzane avec à la clé une finale de coupe de Côte d’Ivoire en 1977. Suite à l’échec du Stade Malien de Bamako en finale de coupe du Mali 1979, Capi est contacté par les dirigeants des « bleu et blanc » pour mettre en place une équipe compétitive. Il donne trois ans aux caïmans pour avoir une équipe compétitive. En 1982, il remporte la coupe du Mali et rate de peu le championnat. La même année, il amène le stade en demi finale de la coupe UFOA, face au grand Sékondi Hasacass du Ghana. Une année plus tard, il est limogé par les dirigeants stadistes, suite à l’élimination du Stade en coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes par le club algérien de Jil Hen Dessa. En 1984, il effectue un passage au niveau de l’équipe nationale qu’il conduit au tournoi CEDEAO à Abidjan et au tournoi Cabral de Freetown. Vers la fin de l’année 1984, il reprend le chemin de la Côte D’Ivoire et prend en main pendant deux ans l’Alliance de Bouaké. En 1986, il revient au Mali pour entraîner le Biton de Ségou. Durant cette époque, le Biton s’offre tous les grands de la capitale. En 1987, retour en terre d’Eburnie (Côte d’Ivoire) pour coacher l’Africa Sports d’Abidjan. Suite à la sélection de nombreux ténors de ce club en équipe nationale, Capi fait monter une équipe de jeunes loups appelés les « nyamas-nyamas » qui réalisent onze victoires en autant de match. Il remporte avec l’Africa, une coupe de Côte D’Ivoire, un championnat et une coupe Houphouet Boigny. En clubs champions, il amène l’Africa en quarts de finale qui est éliminée au Caire aux tirs aux buts au terme d’un match où le National du Caire avait remonté les deux buts de l’aller grâce à un arbitrage partial. En 1989, il se dirige vers nord de la Côte d’ivoire pour prendre les rênes du Denguélé d’Odiénné (club cher au président Fa Cissé). Véritable globe trotter, coach Keïta (comme l’appelaient affectueusement les ivoiriens) se rend au Gabon du Côté de Port Gentil où lui est confiée la barre technique de JAC (Jeunesse Athlétic club) de la ville. Il est sacré champion du Gabon en 1990. Une année plus tard, après la dissolution de la JAC, il quitte Port Gentil pour Libreville et maintient le Cercle sportif de Batavéa en première division. Fin 1992, Bouaké le rappelle pour un poste de consultant. Cette mission est interrompue par un rappel au pays pour coacher les aigles qui doivent gagner à domicile deux matches pour effectuer le voyage de Tunis 94. Pari réussi, Capi gagne ces deux matches et amène les aigles en demi finale à Tunis. Il reste à la tête des aigles jusqu’à ce jour de Juillet 1997 où le Mali perd 4-2 devant la Côte d’Ivoire à Bouaké en éliminatoires de la CAN Burkina 98. Pendant la période 1994-1997, Capi travaille dans un environnement exécrable qui lui rend la vie difficile. Quelques mois après la fin de son contrat avec les aigles, il reprend son baluchon cette fois ci pour l’US Sidi-Kacem (Maroc) où il reste pendant six mois. Un changement au niveau de l’instance dirigeante de ce club, lui coûte sa place. Il revient au Mali et effectue des missions en Afrique et dans le monde grâce au statut d’instructeur de la FIFA. Fin 1998, Bouaké lui fait appel pour la nième fois, il y reste une année avant de prendre la route de Toumodi. Fin 2001, l’Africa sports d’Abidjan, le nomme responsable de son centre de formation où il travaille deux anciens joueurs (Guédé Gba Ignace et Zagolie Gbolié). Au début de la crise ivoirienne, il rentre au pays. Pendant deux ans, il est chargé de cours à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (I.N.J.S). En 2003, il est nommé directeur technique national. En Août 2004, il remplace le contesté Alain Moizan et est chargé de donner une âme à l’équipe nationale senior moribonde. Après un nul à Bamako contre le Sénégal et une défaite contre le Togo à Lomé, une campagne anti – capi se déclenche par joueurs et presse interposés. Il est finalement remplacé par Pierre Lechantre sans que son contrat ne soit résilié. Il prend alors les commandes du Nianan de Koulikoro où il prépare le jeune coach de ce club Hamidou Keïta, à devenir un grand de demain. Pendant les vacances 2007, il conduit les cadets du Stade Malien de Bamako au tournoi mondial des clubs cadets (Don Quichotte) en Espagne. A son retour, il lutte contre un mal qui le ronge depuis des années. Le 09 Avril 2008, il perd le dernier match de sa vie à l’hôpital du Point G. Le lendemain, du Stade omnisports Modibo Keïta où a eu lieu la levée du corps, une foule nombreuse (de parents, d’amis, de sympathisants et de sportifs de tous les clubs) accompagne Capi à sa dernière demeure au cimetière de Niaréla où il repose désormais aux côtés de sa mère Aïssata dite Baya Diallo. Depuis, trois comités de supporters du Stade Malien de Bamako portent son nom, afin que nul n’oublie celui auquel, le public algérien a donné le surnom « d’araignée noire » en 1971. Dors en paix coach Keïta. Que la terre te soit légère. « A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons ».

Mohamed Soumaré


Le chapeau et le titre sont de la Rédaction.

One Response to SPORT : Il était une fois Mamadou Keïta dit Capi

  1. Bilaly Dembele dit :

    Dors en paix capi Que Dieu t’accueille ds son paradi

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